COURS L’ARGUMENT DU PLAN A L’ARGUMENT

MÉTHODOLOGIE : L’ARGUMENT

1. Rappels :

• Généralités

    • Une dissertation est analytique : elle transforme la question problématique du sujet (problématique parce que l’on peut trouver des arguments pour y répondre positivement et d’autres pour y répondre négativement) en plusieurs questions (on en attend 3 dans un devoir de 4 heures) plus aisées à traiter. L’ensemble des réponses à ces questions (qui constituent chacune la conclusion d’une des parties du devoir) permet de justifier la réponse finale qui doit figurer dans votre conclusion finale. La dissertation dans son ensemble peut donc être considérée comme une argumentation complexe : les trois grandes parties définissent un premier niveau de l’argumentation, les 3 arguments attendus dans chacune des parties constituant un deuxième niveau d’argumentation.
    • Chaque partie de la dissertation est elle-même construite sous la forme d’une argumentation (on attend 3 arguments par partie) visant à justifier la conclusion de cette partie (réponse à la question qui détermine cette partie).
    • Argumenter consiste à justifier une affirmation sur la base d’autres affirmations considérées comme vraies (faits connus, théories vérifiées, hypothèses vraisemblables…),  à partir desquelles on peut donc déduire logiquement la conclusion de l’argument.

• Définitions

    1. Un argument désigne tout moyen discursif auquel on recourt pour convaincre de la justesse d’une affirmation et donc de justifier une conclusion.
    2. Une argumentation désigne toute organisation cohérente d’un ensemble d’arguments permettant de convaincre de la justesse d’une thèse.

• Conséquences pratiques

    1. Pour la dissertation :
      Une dissertation est dans sa globalité (synthétiquement) une argumentation
      (en 3 parties) puisque son but est de défendre une thèse (la réponse à la question posée par le sujet).
      Mais chacune des parties du développement (analytiquement) est à son tour, elle-même une argumentation (visant à répondre à la question qui détermine, même si ce n’est pas sous une forme interrogative explicite, cette partie). Cette argumentation interne à chaque partie devant comprendre environ 3 arguments.
      NB : le nombre d’arguments – 3, par partie, soit 9 au total – ne constitue pas un idéal méthodologique mais une estimation de ce que vous pouvez produire en 4 heures. Deux arguments bien développés valent mieux que 3 bâclés. Forme classique de la dissertation :
      ………..
      1. INTRODUCTION
      2. 1ère PARTIE composée de 3 arguments
      3. TRANSITION 1
      4. 2ème PARTIE composée de 3 arguments
      5. TRANSITION 2
      6. 3ème PARTIE composée de 3 arguments
      7. CONCLUSION.
      .
    2. Pour l’étude de texte :
      Le texte à étudier constitue une argumentation
      visant à justifier une thèse. Le repérage des différentes parties du texte (dont chacune déterminera une partie de votre développement) se fait sur la base de leur fonction argumentative (prémisse, conséquence, exemple, généralisation, preuve, objection, etc.) , autrement dit du rôle qu’elle joue dans la justification de la thèse que défend l’auteur.
      NB : Lors de l’épreuve du Bac, il est prudent de s’assurer d’avoir bien repéré la thèse et la structure de l’argumentation qui la justifie avant de se lancer dans l’étude de texte.

2. Construction «standard» d’un argument dans une dissertation

Tout le développement d’une dissertation a pour but de justifier la réponse que vous devez apporter à la question posée par le sujet à traiter.
Cette réponse doit figurer explicitement dans votre conclusion et elle doit être présentée comme la conclusion nécessaire de l’argumentation que vous avez précédemment développée (en 3 étapes constituées chacune de 3 arguments)

Rappel : chacun des arguments que vous développez dans une partie a le même but, à savoir justifier l’idée défendue dans cette partie. Autrement dit, si à la fin de votre introduction, vous avez présenté votre plan sous forme de 3 questions, chacune de vos parties vise à justifier, grâce à vos 3 arguments, la réponse apportée à l’une de ces questions.

A. Structure type d’un argument de dissertation :

    1. PRÉSENTATION (prudente, hypothétique, sous forme interrogative) de l’argument (“On peut se demander si…”, “Peut-on affirmer que…”…
    2. EXPLICATION de l’argument : préciser le sens de l’énoncé (“C’est-à-dire…”, “Autrement dit…”…)
    3. JUSTIFICATION de l’argument : pourquoi cet argument est vrai (“En effet…”, “Puisque…” …)
    4. CONSÉQUENCES de l’argument : pourquoi cet argument permet de justifier l’idée que l’on défend dans cette partie. (“De ce fait…”, “Par suite…”, “Par conséquent…”…)
    5. EXEMPLE illustrant l’argument : permet de concrétiser l’argument, de montrer qu’il correspond bien à une réalité (“Ainsi…”, “C’est ainsi que…”, “Une illustration de cette idée…“…)
    6. CONCLUSION de l’argument :  reprend l’argument présenté mais cette fois sous forme affirmative. (“On peut donc affirmer que…”, “On voit donc que…”…)

B. Introduire et conclure un paragraphe argumenté :

    • Débuter par : premièrement / d’abord / tout d’abord / en premier lieu/ pour commencer/ avant toute chose
    • Ajouter des éléments : en outre / de plus / par ailleurs / ensuite / d’une part… d’autre part / en second lieu
    • Mettre d’autres idées en parallèle ou pour comparer : également / de même / ainsi que / encore / aussi
    • Conclure : enfin / finalement / en somme

C. Développer une idée précise après l’avoir introduite :

    • Eclaircir un propos à l’aide de reformulation(s) : autrement dit / c’est-à-dire / en d’autres termes
    • Illustrer par un exemple : ainsi / par exemple / c’est notamment le cas de / comme / en particulier
    • Généraliser sur la base de l’exemple (induction) : et cela est aussi vrai pour / c’est en général le cas pour
    • Apporter une preuve : en effet, on peut constater que / du fait de, on peut affirmer / on en a pour preuve
    • Reconnaître une incidente (qui n’est pas essentielle mais peut être utile pour renforcer l’argument) : or / Il est vrai que
    • Reconnaître une objection (puis l’écarter) : même s’il est vrai que
    • Ecarter cette objection : il n’en demeure pas moins vrai que
    • Apporter un nouvel élément : d’ailleurs / et puis / certes / bien que…

D. Réfuter, argumenter en opposant d’autres idées, d’autres faits :

    • Pour marquer une contradiction : mais / en revanche / alors que / tandis que / au contraire / et non / bien que
    • Pour rectifier : en réalité / en vérité / en fait
    • Pour marquer une opposition modérée : cependant / néanmoins / pourtant / toutefois
    • Pour surenchérir (valoriser un argument) : mieux / plus encore
    • Pour atténuer (limiter la portée d’un argument adverse) : voire / même / du moins / tout au moins

E. Employer les connecteurs appropriés :

    • Justifier la cause : car / parce que / puisque / sous prétexte que / soit que … soit que … / non que (+ Subjonctif) … mais parce que / par peur de / faute de / grâce à
    • Considérer les conséquences : donc / de sorte que / de façon que / tellement que / au point de / de manière à / ainsi / en effet / par conséquent / alors
    • Relever les oppositions : alors que / sauf que / mais / même si (+ Indicatif) / quand bien même (+ conditionnel) / en revanche / au contraire / par contre
    • Etablir les comparaisons : comme / autrement que / comme si / aussi … que / moins… que / plus… plus… / ainsi que / de même que / contrairement à
    • Admettre, faire des concessions : bien que (+ subjonctif) / toutefois / néanmoins / cependant
    • Poser des conditions : si / au cas où / à moins que  / pourvu que